En 1880 parait Profils intimes, d’Adrien Marx, chez l’éditeur Dentu, le libraire de la Société des Gens de Lettres. L’auteur a rencontré Jules Verne, il livre quelques anecdotes.
Malgré sa célébrité, Jules Verne reste modeste, il a l’allure franche, mais il est d’une timidité presque féminine avec les inconnus. Son œil droit est bleu, il exprime à la fois sincérité et naïveté (l’oeil gauche, est voilé par un « prolapsus » de la paupière).
Il est doué d’une mémoire impressionnante. Un jour qu’il déjeune avec des amis chez un Italien, la conversation tombe sur Rome… Jules Verne pose des questions à l’Italien sur le vieux mendiant posté régulièrement près de la Voie Sacrée tout prêt de la boutique d’un pâtissier… peut-on l’y voir encore ? Et le portier du Vatican a-t-il toujours sa si jolie jeune fille ? A-t-on remis enfin des marches aux escaliers du Forum ?…
L’italien surpris par toutes ces questions précises :
-Vous connaissez Rome mieux que moi qui suis Romain, vous y habitez depuis de longues années ?
-Je n’y ai jamais mis les pieds… mais j’ai lu beaucoup de livres sur votre ville !
Un jour l’auteur demande à Jules Verne pourquoi il ne mettait jamais de femmes en scène dans ses œuvres :
- Non ! Non, répondit-il, pas de femmes ! Elles parleraient tout le temps et les autres ne pourraient rien dire.
