Le diapason en 1859

 
 
Diapason Halévy

Diapason Halévy

Dans un ouvrage paru en 1861, Souvenirs et Portraits, études sur les Beaux Arts, Fromental Halévy évoque les diapasons à travers le compte rendu d’une commission qui avait été chargée d’établir en France un diapason musical uniforme…
Les compositeurs, les artistes et les fabricants d’instruments musicaux se plaignaient de l’élévation toujours croissante du diapason.
Jean-Jacques Rousseau dans son Dictionnaire de la musique, avait constaté au XVIIIe qu’à Paris, le ton de l’Opéra était plus bas que le ton de chapelle.
Fromental Halévy constate à son tour que les chanteurs forcent leur voix, ils “crient”… Et ils n’ont aucun intérêt à demander un ton plus élevé qui augmenterait la fatigue de leur organe et abrègerait leur carrière théâtrale. Quant aux compositeurs ils ont tout avantage à se mouvoir dans une gamme modérée qui “habite leur oreille”, et les laisse plus libre et maître des effets qu’ils désirent produire.
Mais ce sont ceux qui fabriquent ou font fabriquer les diapasons, qui ont un intérêt légitime à élevé le ton : plus il est élevé, plus le son est brillant. L’instrumentiste et le facteur sont alliés, ils cherchent à augmenter la force et la pureté sonore de l’instrument.
Depuis l’élévation du son, parmi tous les instruments, les instruments à cordes ont d’avantage perdu que les autres, les cordes fortes ne résistant pas à la tension exagérée, on a dû employer des cordes très minces, donnant un son qui s’éloigne de plus en plus de la voix humaine…
Fromental Halévy compare les diapasons envoyés par ses confrères pour l’enquête demandée par le Ministre :
celui de la musique des guides de Bruxelles compte 911 vibrations par seconde,
celui de Londres 910,
celui de Lille 904, (le son le plus élevé),
celui de Berlin 903,
celui de Prague 899,5,
celui de Paris 896,
celui de Marseille 894,
celui de Turin 889,5,
celui de Bordeaux 886,
celui de l’école de Toulouse 874, (le son le plus grave),
celui de Carlsruhe 870…
En conclusion la commission propose au ministre la construction d’un “diapason type”, sous la direction d’hommes compétents, donnant le La à 870 vibrations par seconde à la température de 15° centigrades !

Mais 77 ans plus tard…
Au mois d’août 1936, sur une plage des Charentes Maritimes à Pontaillac, le directeur de l’AFNOR, Ernest Lhoste avait de longues conversations avec son ami Rodolphe Godard à propos des difficultés que représentaient encore à l’époque la normalisation du “La”

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